Hypocrisie

Ils commencent à m'énerver, les tartuffes de la culture, qui demandent des comptes au dirigeant de TF1, à propos de sa sortie sur le temps de cerveau disponible pour Coca-Cola. Ils font tous semblant d'avoir découvert la lune, ou quoi ?
TF1 est une chaîne privée, dont le seul but est de gagner de l'argent, le plus possible, et le plus vite possible. C'est clair, précis, ça a toujours été comme ça depuis qu'elle est privatisée, et je ne vois rien d'étonnant à cette tirade. L'objet de TF1 n'est ni de divertir ni d'instruire, mais d'engraisser ses actionnaires. Elle le fait plutôt bien.
En fait, ce qui gêne les Télérama et autres, c'est le cynisme. Entendre dire crûment des vérités qui dérangent, complètement amorales, voilà qui n'est pas toujours facile à accepter.

"Des ânes chez Ardisson"

Vu samedi soir, sur la télé d'un hôtel strasbourgeois, l'émission d'Ardisson. Un certain Yann Moix y tenait des propos sidérants. D'après ce monsieur, les boîtes à partouzes échangistes se seraient démocratisées. Ha bon. Quelle souillure sur un si beau mot. C'est amusant de voir comment le milieu des présentateurs et de quelques notables friqués et ennuyés croit que tout ce qu'il touche devient démocrate. Perso, je parlerai plutôt ici d'une élitisation, mais bon... Les plaisirs sophistiqués ont toujours appartenu aux élites et j'ai pas l'impression que ça change. Ridicule aussi de voir comment ce Moix met ses prétendues douleurs en avant pour lire des conneries à l'antenne en se croyant rebelle, et en s'auto-proclamant nouveau romantique parce qu'il va dans des orgies. Et quelle souffrance, dites-donc, digne d'admiration et de compassion : le pauvre coco s'est pris des rateaux quand il était ado. Terrible, ça, si si. Affligeantes, encore, les leçons de tolérance religieuse, teintées de terrorisme intellectuel – on n'aurait pas le droit de dire du mal d'une religion sans s'être tapé l'intégralité de leurs indigestes bouquins - qu'il se permet de donner. Et puis, la thèse qu'il décrit dans son bouquin, entre deux descriptions de partouze : les terroristes islamistes seraient en fait, tenez-vous bien, des frustrés sexuels. Quelle finesse, quelle clairvoyance, quelle pertinence dans cette analyse novatrice. Faut bien des pages de cul pour vendre une telle découverte, n'est-ce pas. Salvatrice, Michèle Bernier l'a soigneusement remis à sa place, en lui envoyant que son père, le génial Professeur Choron, disait toujours "le cul, ça fait vendre". Mon père aussi, il dit ça, mais il a pas co-fondé Hara-Kiri... Finalement, ce type, qui considère que sa souffrance lui donne une valeur, n'est rien d'autre qu'un cul-bénit. Il pense, pontifie et interdit comme eux.