Vu samedi soir, sur la télé d'un hôtel strasbourgeois, l'émission d'Ardisson. Un certain Yann Moix y tenait des propos sidérants. D'après ce monsieur, les boîtes à partouzes échangistes se seraient démocratisées. Ha bon. Quelle souillure sur un si beau mot. C'est amusant de voir comment le milieu des présentateurs et de quelques notables friqués et ennuyés croit que tout ce qu'il touche devient démocrate. Perso, je parlerai plutôt ici d'une élitisation, mais bon... Les plaisirs sophistiqués ont toujours appartenu aux élites et j'ai pas l'impression que ça change. Ridicule aussi de voir comment ce Moix met ses prétendues douleurs en avant pour lire des conneries à l'antenne en se croyant rebelle, et en s'auto-proclamant nouveau romantique parce qu'il va dans des orgies. Et quelle souffrance, dites-donc, digne d'admiration et de compassion : le pauvre coco s'est pris des rateaux quand il était ado. Terrible, ça, si si. Affligeantes, encore, les leçons de tolérance religieuse, teintées de terrorisme intellectuel – on n'aurait pas le droit de dire du mal d'une religion sans s'être tapé l'intégralité de leurs indigestes bouquins - qu'il se permet de donner. Et puis, la thèse qu'il décrit dans son bouquin, entre deux descriptions de partouze : les terroristes islamistes seraient en fait, tenez-vous bien, des frustrés sexuels. Quelle finesse, quelle clairvoyance, quelle pertinence dans cette analyse novatrice. Faut bien des pages de cul pour vendre une telle découverte, n'est-ce pas. Salvatrice, Michèle Bernier l'a soigneusement remis à sa place, en lui envoyant que son père, le génial Professeur Choron, disait toujours "le cul, ça fait vendre". Mon père aussi, il dit ça, mais il a pas co-fondé Hara-Kiri... Finalement, ce type, qui considère que sa souffrance lui donne une valeur, n'est rien d'autre qu'un cul-bénit. Il pense, pontifie et interdit comme eux.