Dur

Des fois, certaines choses qu'on croyait loin arrivent tout près de vous, devant vous. Ça fait vraiment bizarre, comme si on basculait. On se demande si on ne rêve pas. Comme si on voyait un film, sauf que là, c'est en vrai. D'ailleurs, c'est des choses qu'on ne voyait qu'au cinéma, avant. On vit toujours dans un cocon, je pense. C'est une question de relativité, mais c'est toujours un cocon. Ça peut même donner des alliances contre-nature, genre un mec de droite et un mec de gauche qui se mettent à discuter de la même chose, de cette même chose ensemble, avec une complicité de nantis. Sauf que celui de droite, il donnera encore des leçons aux autres autour de lui, alors que celui de gauche aura une certaine tolérance, ou compréhension. Bon, maintenant, on se dit que c'est pas une chose si terrible que ça, et qu'il y a des choses pires dans la vie. Ça rassure. C'est comme ça qu'on grandit, aussi. Allez, je pars en WE, rejoindre la douceur de ma vie.

Les médecins, des produits comme les autres

Je repensais à mon médecin d'hier. Ça me travaille, cette histoire. Et puisque les médecins veulent à tout prix casser la Sécu, et s'affranchir complètement des carcans étatiques pour basculer dans un libéralisme total, puisqu'ils traitent les amoureux d'une protection collective et solidaire d'archaïques, alors pourquoi ne pas prendre les devants ?
On pourrait donc d'ores et déjà les considérer comme des produits de consommation, les noter, faire des classements, et des évaluations, les conseiller et les déconseiller, non ? Après tout, le libéralisme ferme des usines, il pourrait aussi fermer des cabinets. Par exemple mon ophtalmo de la rue de Rivoli a un excellent rapport qualité/prix, alors que mon pneumo d'hier serait plutôt à éviter. De même que le généraliste que j'ai vu en dernier n'est pas très intéressant non plus. Il faudrait que les revues comme 60 millions de consommateurs se penchent sur la faisabilité du truc. Ou alors pourquoi pas sortir une sorte de Guide Michelin des médecins ? Comme ça, on pourrait carrément balancer les noms !
Bon, maintenant, on pourra toujours m'objecter que j'avais qu'à demander le prix avant d'y aller... OK, mais c'est pas du tout dans les habitudes des rapports médecins/patients, ça. Mais bon, puisqu'il faudra les considérer comme des produits, la prochaine fois, la première question que je poserai avant de prendre rendez-vous sera "Bonjour, c'est combien ?"

La médecine pour les riches

Ce matin, visite chez le pneumologue, à Boulogne-Billancourt, pour mon asthme. Je suis très beau mais j'ai quand même des défauts, voyez-vous. Bon, Boulogne-Billancourt, c'est dans le 92, le département le plus riche de France, OK. Et ben, je crois que c'est aussi celui des médecins les plus riches.
130 euros.
Oui, vous avez bien lu, y a pas de faute de frappe. J'ai payé 130 € pour une consultation - en plus, il avait 40 minutes de retard. Bon, d'accord, j'ai soufflé dans des machines très compliquées, et il y avait des SVM dans la salle d'attente, entre Elle et Voleurs Actuels. Mais quand même. Terrible, hein ? Et j'ai fait mon chèque comme ça, sans faire un sourcillement. Moi qui trouvais que le dernier spécialiste que j'avais vu, à 50 €, se faisait pas chier. Moi qui m'étais promis de toujours faire des remarques aux commerçants. Pour 1,05 € la baguette à la boulangerie du Roi Soleil d'Antibes (cher et pas aimable du tout), je pète un petit scandale, et pour 130 € je dis rien. Mince, j'espère que son 4x4 Porsche est bien lavé, avec ça. Et bien sûr, pas demandé non plus la carte Vitale. La sécu, c'est une idée de communiste pour les pouilleux. Tant qu'elle rembourse, autant demander cher, tout en crachant dessus, bien entendu.
Ha oui, j'oubliai, le médicament prescrit : 57 €. J'espère (j'espère beaucoup, dans ce blog...) que la recherche pour le mettre au point a couté très cher.