Nostalgie

Vus sur le blog de mon pote, les chaussons Cthulhu.
On dira peut-être que j'ai l'esprit mal tourné, mais moi je trouve que ça évoque surtout des sexes féminins, mais bon.
C'est marrant, mais moi aussi, la TOUTE première chose que j'ai jamais cherché sur le ternet, la première fois que j'ai vu un Netscape 2 à la fac de droit, avec son gros N qui clignotait, c'était Lovecraft, sur Yahoo. Il n'y avait que des sites américains, à l'époque, et je me rappelle que des images du maître et de gravures de Cthulhu avaient mis plus de 5 minutes à s'afficher.
Je me rappelle comme si c'était hier de cette petite salle de travail de sciences éco, à la fac de droit de Nancy, et de mon pote Philippe qui m'avait dit "il doit bien y avoir un poste relié à internet, dans toute cette fac, si on essayait d'y aller". Alors, on avait fait toutes les salles de travail, en inspectant les fils qui sortaient des ordis, pour repérer des câbles qui ne seraient pas ceux de l'alimentation. En ce temps-là, c'était Windows 3, et il fallait lancer à la main la pile TCP/IP, en cliquant sur une trompette. Enthousiasmé, je m'étais mis à repérer toutes les salles de travail et bibliothèques connectées en accès plus ou moins libre de Nancy... Les premiers webmails, les premiers messages, les premiers salons de discussion, les premiers téléchargements : tout était "premier" !
Ça devait être il y a bien huit ans, maintenant. Depuis, j'ai plus décollé, et ma vie n'a plus jamais été la même. Il y a clairement, pour moi, un avant et un après l'internet. On dit parfois que des inventions techniques changent la vie des gens. Sur ce coup-là, c'est vraiment ce qui m'est arrivé, et j'en suis ravi. Alors, merci Philippe !
Mais voilà qu'alors que j'écris, une atroce odeur de poisson envahit l'espace. Des bruits hideux de traînement humide sourdent par la porte... Mes mains se figent dans de grotesques positions, tandis que j'entend le son aigrelet de flûtes intersidérales... Il m'appelle... Il veut que seejslhfkjfhqs... fsdff... NOOOoooonnn.... Cthulhu ftaig'n !

Religion à géométrie variable

Condamnation unanime, ce WE, par les associations musulmanes de France, des enlèvements/chantages des journalistes français en Irak. Sur France-Inter, à la sortie de je ne sais plus quelle mosquée francilienne, on entendait des croyants affirmer pieusement qu'aucune religion ne saurait tolérer la violence, l'Islam moins que quiconque. Hahaha... Et le Jihad, c'est pour faire beau ? C'est amusant, quand même, de voir qu'à chaque fois qu'une religion fait quelque chose de criticable, il se trouve toujours des bonnes âmes pour dire que la vraie religion, c'est pas ça. Un peu facile, je trouve, ce déni systématique de responsabilité.
Quant aux jeunes musulmanes qui veulent venir dans les écoles avec des signes religieux infâmants, c'est pas parce que ce sont des jeunes filles, issues de milieux défavorisés et en difficultés, que leur actes me sont plus sympatiques. Ce WE, j'ai terminé la lecture de la BD Persépolis, de Marjane Satrapi. On y ré-apprend que dans certaines régions du monde, certaines femmes meurent pour ne pas avoir à porter le voile. La religion, qu'elle vienne d'une lycéenne exclue et combative ou d'un curé cultivé et patelin, c'est même service pour tout le monde : chez soi.

Trop salé

Un peu déçu du repas d'hier soir, finalement. La carte est toujours agréable à lire, mais au final, c'était noyé dans le curry, et mon manchon de canard bien trop salé. Me serais-je fait abuser, les fois d'avant ? Ou simple relâchement estival du cuistot ?
Rien à voir avec la choucroute, mais je salue bien bas un point de vue de lecteur, publié dans Le Monde daté d'hier, un superbe courrier de Patrick Declerck, anticlérical, libre-penseur, érudit et provocant, comme on les aime. Qui revendique, en partant de l'exemple de l'Islam, puis en l'élargissant, le droit de dire du mal d'une religion, et proteste contre la dictature du respect, lequel aboutit souvent à se faire entuber grave. Extrait, rien que pour célébrer la venue du vieux fou à Lourdes, ce week-end :

"Car dénoncer aujourd'hui les féroces imbécillités des croyances religieuses est plus qu'un plaisir, c'est un devoir. Et un honneur. Celui de montrer qu'il est possible d'exister debout, sans béquilles et sans illusions. En ces temps où, une nouvelle fois, la religion fait la guerre, il urge de revendiquer encore, et toujours, et hautement, la dignité supérieure de l'homme sans dieu."

Amen.