Acheté ce WE un nouveau magazine de BD : Yeti, 3,90 €. Un revenant, celui-là, puisqu'il avait cessé de paraître au début des années 90. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'ils en sont restés à leur époque ! Et même, qu'ils ont réussi à franchement régresser. Tout dans ce mag' fait penser aux années 80, quand c'est pas 70. La maquette est tellement passée qu'elle me fait penser à des vieux Métal Hurlant que j'ai chez mes parents. Les bandes, histoires courtes ou strips, font vraiment pauvres, à base de délires ou d'histoire loufoques, bien psychédéliques, avec des auteurs sur le retour. On s'attend presque à tomber sur Pravda la Surviveuse ou Barbarella. À tel point que j'ai vérifié à plusieurs reprises la date de publication, croyant avoir acheté une occasion. Et que dire des textes... Des chroniques sur tout et sur rien, qui là encore rappellent les tout vieux magazines, où les gratteux se laissaient aller. À l'époque, c'était parfois inspiré. Là, c'est totalement hors de propos. Il y en a un, par exemple, qui parle pendant une page du vocabulaire, et de l'expression "au jour d'aujourd'hui". C'est un pléonasme qu'on m'avait déjà fait relever au moins en 1983, mais là, on en a de nouveau droit à un paragraphe. Avec des fautes d'orthographe, en plus, c'est bien la peine de faire le pointilleux. On trouve aussi une nouvelle sur Holmes et Rimbaud - on se demande ce qu'elle fait là, et qui la lira, et un entretien avorté sur une copine à eux (les journalistes, pas Holmes ni Rimbaud), qui fait dans le sado-maso, et dont je ne me rappelle pas avoir vu le nom sur des albums de BD.
Décidément, entre le calamiteux Bande Dessinée Internationale, proche de l'escroquerie et Yeti, on ne peut pas dire que les nouveaux titres fassent honneur au médium, cet été. En tout cas, c'est pas eux qui feront de l'ombre à Bang, ou au Collectionneur de BD.